L’utilisation de la rosée pourrait être un moyen de lutter contre les pénuries d’eau, en particulier dans les pays chauds, où le manque d’eau est continuellement présent.
La rosée est une source gratuite et infinie d’eau potable. C’est un don du ciel certes, mais encore faut-il savoir l’exploiter…
Une organisation s’est rendue compte du potentiel inexploité qu’est la rosée. Avec l’aide de Daniel Beysens, physicien (chercheur en physique), et de nombreux chercheurs français, l’OPUR (Organisation Pour l’Utilisation de la Rosée) a été créée dans le but d’aider les pays en manque d’eau potable. Cette organisation s’occupe de construire des condenseurs à rosée.
En Avril 2006, dans les états du Gujarat (Nord Ouest de l’Inde) et du Tamil (Sud de l’Inde).
C’est dans la région aride du Gujarat, à Panhandro, que le professeur Sharan de l’Indian Institute of management, Ahmedabac, et membre de l’Organisation Pour l’Utilisation de la Rosée (OPUR), a lancé la construction d’un condenseur de rosée de 1000 m². Il bénéficiait des conseils techniques et de la longue expérience de Daniel Beysens, Irène Milimouk, Marc Muselli et Owen Clus, membres de l’équipe scientifique de l’OPUR. Owen Clus, étudiant en thèse, a été envoyé sur place pour apporter son soutien au projet et pour rencontrer le père Guézou, du lycée Don Bosco de Yellagiri Hills, dans le sud de l’Inde, qui a fait appel à l’OPUR, car cette région souffre également de sécheresse.
«Panhandro est une région extrêmement aride où il y a beaucoup de terres inutilisées. Nous avons décidé
d’y construire un condenseur pour produire de l‘eau» nous raconte le Docteur Girja Sharan.
Panhandro : Construction d’un condenseur de rosée de 1000m² sur le terrain d’une mine de lignite. Le système est plutôt simple. Des tranchées sont recouvertes d’un isolant thermique puis d’un film permettant la récolte de la rosée.
Village de Sayara (à l’Ouest de Gujarat) : Toit de l’école, transformé en condenseur de rosée de 3000m². Tous les matins, environ 30 à 50 litres d’eau sont récoltés par les élèves.
C’est Daniel Beysens qui a eu cette idée. Ce chercheur s’est intéressé au point de rosée de l’air.
Son équipe a ainsi pu créer des revêtements à forte émission infrarouge. Aujourd’hui il est possible de les incorporer dans des films plastiques ou même dans des peintures. Ces revêtements sont constitués de microbilles de titane ou de sulfate de baryum ainsi que du savon alimentaire insoluble, nécessaire pour que les gouttes d’eau ruissellent sur la surface. En recouvrant la surface choisie, la température de celle-ci est abaissée de 4 à 10°C. Dès que la nuit tombe, la réaction de condensation de la vapeur d’eau en eau liquide a lieu.
Récupérer de l’eau oui, mais à quel Prix ?
En Europe, cela revient à 2€ le mètre carré pour le film plastique. Les peintures coutent plus chères, mais sont beaucoup plus faciles à installer.
En Inde, en raison d’un main d’œuvre moins couteuse, cela revient à environ 0.4€ le mètre carré.